sobota, 21 lutego 2015

‘Marianne’ chapitre 2 – "Celui qui laboure le champ, apprécie la récolte "

Dès que j’ai reçu mon premier courrier  avec la ‘Marianne’, si attendu,  j’ai couru pour aller  récupérer mon titre de séjour. J’étais très pressée de mettre fin à tous mes problèmes administratifs, et surtout j’avais besoin de trouver un travail très vite, vu ma situation financière, c’était indispensable pour pouvoir continuer mes études en France. Après quelques heures d’attente je me suis retrouvée assise face à la même commission installée sur un bureau recouvert d'une nappe verte. Un monsieur a déposé quelques signatures par ci et là, Puis m’a remis ma carte. J’étais aux anges !  Il y avait ma photo, mon nom, mon adresse dessus. Quelle joie ! Quel bonheur ! En me levant, très contente j’ai dit ‘Merci, au revoir !’ et dans ma tête j’ai ajouté : ‘à l’année prochaine’. En sortant du bâtiment je n’arrêtais pas de la regarder,  relire les informations qui étaient dessus : la date de validité, lieu de délivrance, ….et mon regard s’est arrêté sur la phrase écrite en italique  ‘Ce titre n’autorise pas à travailler’, ça veut dire quoi ? le seul mot que j’ai compris c’était ‘travailler’. Ayant de mauvais pressentiments j’ai décidé d’aller à l’Ambassade  de Pologne pour savoir ce que cela signifiait.
Une gentille femme à l’Ambassade m’a annoncé que la carte que je venais de recevoir ne donnait  pas le droit de travailler en France! J’étais accablée,  cela voulait dire que les heures  passées dans les files d’attente  étaient pour rien. Pour m’encourager,  la gentille femme m’a donné plusieurs adresses où je pourrais avoir des renseignements, comment trouver un job étudiant. Désespérée j’ai tout de suite commencé à chercher les adresses indiquées et surtout j’avais besoin de comprendre pourquoi ma carte ne m’autorisait pas à travailler. Après plusieurs visites dans les instituts étudiants j’ai appris (avec beaucoup de mal à cause de mon français qui laissait à désirer) que mon titre de séjour étudiant et ma carte étudiant ne suffisaient pas pour travailler, il fallait aussi le permis de travail, mais pour avoir le permis de travail il fallait d’abord … trouver un travail.
Je crois qu’il est inutile de dire que trouver un travail pour un étranger sans autorisation de travailler était quasi impossible. J’ai quand même imprimé quelques dizaines de cv et j’ai commencé ma prospection du marché du travail espérant trouver quelqu’un au grand cœur, qui embaucherait une étudiante polonaise qui ne maitrisait pas le français et qui ne savait pas encore si l’Etat allait lui accorder le droit de travailler.  J’ai visé les bars et les restos dans des quartiers touristiques en pensant qu’ils seraient moins exigeants au niveau du français et que ma bonne connaissance d’anglais suffirait pour communiquer avec des clients étrangers. Malheureusement cela ne suffisait pas, le fait que je n’avais pas mon permis de travail faisait peur aux potentiels employeurs. Ils expliquaient que la procédure d’obtention du permis est longue et donnait pas de garanti d’avoir une réponse favorable de la part de l’administration française. Ils ne voulaient pas de moi…

Après plusieurs jours de recherches infructueuses, je suis entrée dans un bar situé pas loin de chez moi. Il était tôt  alors c’était quasi vide. ‘Hi girl, how are you doing’- m’a salué en anglais le garçon qui était derrière le bar. OK- j’ai répondu. J’ai sortie du sac un de mes derniers cv, qui étaient déjà un peu froissé et j’ai demandé s’il n’avait pas besoin d’une serveuse. Il a pris mon cv et a posé la question qui depuis que j’ai commencé ma recherche, terminait la conversation,  si j’avais mon permis de travail. En faisant un bonne mine  j’ai dit que non, mais j’allais faire ma demande très prochainement et qu’il n’y aurait pas de problème parce que en tant qu’étudiant j’avais droits de travailler à mi-temps. Je connais ces histoires. Je m’appelle David, tu veux une bière?  c’est moi qui offre’ il a demandé en souriant.  Je me suis rendu compte que j’étais déjà fatiguée, que j’avais trop faim et plus envie de continuer ma recherche ce jour, alors j’ai accepté son invitation. Il a posé devant moi un grand verre de bière étrangement brune. Soudain, une serveuse est apparue à côté de moi : ‘Salut, ça va ? Tu cherches du travail ?’ J’ai à peine compris sa question à cause de son accent irlandais très fort. J’ai répondu que oui et David a ajouté tout de suite que j’étais étudiante, sans permis de travail et que je ne parlais pas français. ‘Il y a beaucoup de gens comme toi qui viennent ici. Pauvre de toi, tu as dû ramer..a dit Jane dans un soupir. Je leur ai parlé un peu de moi, pourquoi je suis venue à Paris, j’ai raconté mes aventures avec la préfecture, les heures que j’ai passées à trouver un job, et que j’allais continuer demain parce que je devais impérativement trouver quelque chose. Quand j’ai terminé mon histoire David a repris la parole : ‘on connait les problèmes des étudiants étrangers, on en embauche beaucoup,  c’est pour ça qu’on a  une ambiance très cool, tu sais, c’est un pub anglais, on brasse notre propre bière.  Et la bière que tu bois  tu la trouve comment ?‘ Hmm, je ne savais pas quoi répondre parce que le liquide brun dans mon verre n’était pas bon du tout ! Mais j’étais trop fatiguée pour mentir : ‘Je n’aime pas trop. Elle est … un peu …horrible’. Ils se sont regardés étonnés et ont éclaté de rire. ‘Tu veux travailler ici et tu critiques la bière brassée par nous-mêmes ? a dis David et m’a montré une grosse grenouille avec la même bière que la mienne dessinées sur la vitre du bar. Mince, pourquoi je n’ai pas vu ça avant ? la serveuse était morte de rire : ‘Je suis Jane, le manager du bar. Tu dois avoir faim. Je vais t’apporter des frites. David s’occupera de ton contrat de travail, tu pourras commencer dès que tu auras ton autorisation de travail.’  Je n’en  croyais pas mes oreilles ! J’ai senti ma tête tourner , je ne savais pas si c’était à cause de la bière ou de l'émotions à l'idée que mes recherches de mon premier travail étaient terminées, mais deux choses étaient sûres : que j’aimais mes sauveurs d’un amour fou et que bientôt j’allais recevoir un courrier avec la ‘Marianne’, mais cette fois avec mon permis de travail …et que maintenant tout allait être plus simple !

(la traduction de polonais par Justyna Czapnik)   
 


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